Me voilà donc depuis trois jours à Brioude où je suis en stage de dentelle aux fuseaux… (merci mon mari !)
J'apprends des tas d'astuces dans les nouveaux locaux de l'hôtel de la dentelle sous l'oeil bienveillant de Claudine et Caroline...

En plus d’être rythmées sur les heures du stage (6 par jour…), mes journées sont articulées autour des repas…
on est Français ou on ne l’est pas !!!
Et en Province, ce qui est très « exotique » pour une parisienne stressée voire flippée par le vite vite vite, c’est
qu’entre midi et deux…
Rien ne se passe !
Nada... nothing...
Le vide sidéral s’empare des rues… Les boutiques ont toutes leur rideau de fer baissé… Seuls les oiseaux chantent… et encore quand il ne pleut
pas comme vache qui… hum hum hum !
Alors, après un premier jour à explorer chaque recoin de la ville et en me cassant le nez pour déjeuner après 13h… (Sacrilège !!!)… je suis
vite rentrée dans le moule le second jour…

A midi pétantes, Je me suis précipité sur ma demi-pension à l’hôtel de la Poste où j’occupe la chambre 32 !
A peine arrivée au premier étage, où les salles de restaurant se trouvent, madame mère me reçoit…
-ah, c’est la petite dame de la 32 ! On va vous installer…
Et elle m’entraîne vers ma table en claudiquant légèrement (et une hanche, une !!!)
... Une table au couvert unique tout près du couloir qui mène aux cuisines… endroit stratégique s’il en est !
Juste à coté de moi, il y a « La » desserte du chef de famille, ancien chef des cuisines, père de deux des serveuses et mari
de l’hôtesse d’accueil…
Ce petit Monsieur sans âge, est carrément plié à l’équerre et quand il marche, on dirait le bossu de notre dame mais sans la bosse … Ses mains qui
ont trop coupées de pommes de terre et de carottes sont pleines d’arthrose déformante et ses oreilles décollées sont ornées d’appareils « audika ». je l’aime déjà ce petit
papy !
A mon arrivée, il me lorgne en coin et je comprends tout de suite qu'il va « s’occuper » de mon cas ! Oh Pas du tout comme le jeune
couillon du train de la veille… (Cf l’article précédent), mais je sens que malgré mon constat que la balance penche de plus en plus du mauvais coté… et que depuis quelques temps je suis
« dukandukan… ».
Il me trouve trop maigre et je vois bien dans son regard qu'il se fait un devoir de réparer ça !!!
Je vous passe les détails du menu des 3 jours (tripoux...etc)… Une pure merveille gustative… cuisine pas légère du tout … mais Diaboliquement
bonne !

Moi qui ne sais pas vivre seule et qui ai toujours eu de la peine pour les gens qui viennent seuls au restaurant… Je peux vous dire que j’ai passé
mes repas au spectacle … Broadway à coté c’est de la gnognotte.
J'aurais presque payé un supplément... C'est vous dire!
Au premier repas, je n’arrivais pas à saisir le sens ce qu'il se disait entre le petit papy chef d'orchestre au regard acéré et les molles
apprenties serveuses...
Voici quelques bribes de phrases:
-Mon p’tit, vous débarrassez radiateur et ensuite vous demandez à virage si ils veulent un apéritif.
-Vous apporterez les noix à cuivre.
-Vous avez servie le pain à professeur?
… Bon il m’a fallu 2 repas, je l’avoue, pour décoder le texte…
En fait, chaque table porte un nom, comme un pense bête… radiateur, c’est à table à coté du radiateur…
Professeur, c’est la table qui porte une lampe à pétrole …Au dessus de la table cuivre il y a une grosse casserole en cuivre ; virage, c’est
celle qui est dans le tournant entre deux salles ;la table Placard est à coté d’un placard…. etc…
Mais, pour pimenter un peu de jeu, il y des tables dont le nom change en fonction des occupants ...
par exemple,« Monsieur Flour » qui a été TRES chaleureusement accompagné par madame mère jusqu’à une table, à visiblement le privilège
d'avoir SA table qui porte SON nom quand il est là…
-Vous me retirerez les miettes à Monsieur Flour, vous n'avez pas mis la bonne sous-assiette à monsieur Flour, Monsieur Flour n'a pas encore ses
amuses bouche....
Et sans vouloir trop me la « péter » je dois bien l’avouer, j’ai eu le privilège d’avoir MA table à mon nom… presque...
oui bon, c'était
« la dame de la 32 »…
C’est presque la gloire !!!
Mais là où ça se corse, c’est qu'il y avait une table sans rien au mur, sans cuivre, ni radiateur… ni aucun signe distinctif…
la table "Blanc" !
Je crains devoir rester sur mon interrogation car demain à l’aube je rentre pour ma capitale……
Est ce que le chef "Blanc" est venu s’installer un jour à cette table ?
Est ce que le premier client assis à cette table a prit une carafe de "blanc"?
Ou alors est-ce tout simplement parce qu'ils ont tous séchés quand il a fallu trouver un nom à cette table
....
Blanc
....
!!!
?
?
Ah... Brioude et ses secrets…
Je vous recommande chaleureusement cet établissement…
Car je me suis sentie en famille, enveloppée d’attentions…
Mon petit papy à l’allure de Louis De Funès va presque me manquer …
Presque seulement, car je suis heureuse de retrouver mon chez moi...
Mes monstres d'amour, mon mari, mon petit papounet qui sort de l'hôpital justement demain, ma mère si attentionnée auprès de nous tous, et mes
magasins ouverts même entre midi et 2 !!!
Hôtel de la poste
1 Boulevard du Docteur Devins 43100 Brioude
04 71 50 14 62
http://www.hotel-de-la-poste-brioude.com/